Le modèle Uber est disrupté à son tour

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Assiste-t-on à la fin du modèle Uber ? Depuis quelques mois, l’entreprise californienne souffre d’un déficit d’image et d’une hostilité croissante de la part des institutions et dans une moindre mesure, du grand public. A New York et au Royaume-Uni, la marque a connu quelques revers juridiques d’importance, puisque la justice lui a demandé de requalifier ses chauffeurs en salariés.

Qui plus est, elle termine l’année 2016 avec de mauvais résultats financiers. Son modèle n’est actuellement plus montré en exemple dans la Silicon Valley, où de nouvelles start-up se révèlent au grand jour en se positionnant contre. Elles se nomment Luxe (conciergerie), Eden (support technique) et Sprig (livraison de repas) et toutes ont décidé que leur survie passaient aussi par le respect des législations en vigueur.

Pourquoi maintenant ?

Le modèle Uber aura au moins eu un effet positif, celui de nous faire réfléchir à de nouvelles formes d’organisation de travail. Il aura été aussi un révélateur des tensions qui existent aujourd’hui entre le marché du travail et certains secteurs économiques. Au delà des pratiques de consommation, l’ambition d’Uber a toujours été de devenir un leader de la donnée et de tirer avantage des principes de l’économie de l’information. Pour autant, ce modèle se heurte à plus de résistances que prévues.

Ce n’est pas tant le modèle économique d’Uber qui est remis en cause, mais la gestion de son image de marque. Les prises de positions politiques du PDG lors de la gestion des migrants et la vidéo du même personnage admonestant un chauffeur Uber ont fini par rendre la marque peu sympathique aux yeux du grand public. Une campagne #DeleteUber sur Twitter a été fortement suivie fin janvier.

Des jeunes pousses ont donc décidé que l’arrogance d’Uber avait atteint ses limites et de jouer le jeu du respect basique des lois, en commençant par embaucher leurs digital labors.

Pourquoi devez-vous vous sentir concerné par la fin du modèle Uber ?

La question à se poser est de savoir si l’ubérisation de l’économie a-t-elle vraiment eu lieu ? Ces plateformes ont révélé que le consommateur était avant tout un travailleur comme les autres. En mobilisant une partie de leurs actifs et leur force de travail, elles ont valorisé leurs plateformes. En cela, Uber et les autres licornes continueront à profiter de cette manne tant que les utilisateurs/consommateurs n’auront pas pris conscience de cet aspect. Mais ce que révèle la prise de position de ces nouvelles entreprises est tout autre : on peut faire du business et gagner beaucoup d’argent en respectant un tant soit peu son environnement, quel qu’il soit.