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[Partie 2] Lorsque l’industrie automobile se réinvente…

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« Tesla Motors a été créé dans le but d’accélérer l’arrivée du transport durable. Si nous ouvrons la voie à la création de véhicules électriques performants mais qu’ensuite nous empêchons d’autres de faire de même en protégeant notre propriété intellectuelle, nous agissons contrairement à notre objectif. Tesla ne poursuivra pas ceux qui, de bonne foi, utilisent notre technologie. » Elon Musk, 2014

Cette annonce a fait l’effet d’une petite bombe. Émanant d’une entreprise cotée en bourse, elle a surpris beaucoup de monde par sa force et sa vision stratégique.

Le libre sauvera-t-il le secteur automobile ?

Cette initiative de Tesla s’inscrit dans un mouvement de fond initié avec le logiciel libre dans les années 80. L’économie du libre a fait ses preuves en informatique et dans d’autres secteurs comme la culture et l’éducation. Cette approche remet en cause les positions établies par les acteurs traditionnels et bouscule volontairement les idées. Souvent, les communautés organisées autour d’un projet en open-source résolvent des problèmes sur lesquels les organisations traditionnelles échouent à résoudre.

Elon Musk part du même constat. A l’heure actuelle, les industriels du secteur de l’automobile ne font pas les efforts nécessaires pour investir massivement dans la voiture électrique et n’ont pas su évoluer vers un modèle économique alternatif qui ne repose plus sur le pétrole et la voiture à combustion. A ses yeux, le secteur, dans son état actuel, est un fossile qui s’ignore, son extinction étant déjà bien entamée.

Pour Musk, comme ce ne sont pas les acteurs traditionnels qui vont faire décoller le marché, il faut l’ouvrir à de nouveaux. Comme les chiffres du marché lui donnent raison, il parie que l’élargissement contribuera à l’augmentation des volumes et financera à terme les coûts d’infrastructure. En pratiquant l’ouverture, Tesla Motors fait certes émerger une concurrence mais surtout se donne les moyens d’élargir le volume global de ses ventes.

Pour autant, un abandon des brevets favorise-t-il réellement le marché du véhicule électrique ? Tesla ne vise-t-il pas un autre marché plus porteur ?

La voiture électrique est-elle vraiment une technologie de rupture ?

Elon Musk a peut-être compris avant tout le monde que l’usage de la voiture individuelle est passé de mode. Le citoyen a aujourd’hui les moyens de se déplacer rapidement et simplement que ce soit par les transports en commun ou en louant un Autolib.

Depuis sa création, il y a 12 ans, Tesla n’a vendu que quelques dizaines de milliers de voitures et même si l’année 2015 s’annonce particulièrement prometteuse en volume de ventes, l’entreprise américaine ne détient que 3,4 % du marché des voitures électriques, largement dominé par la Zoé de Renault. La révolution voulue et engagée par son PDG n’a pas encore eu lieu, sur un marché encore de niche qui plus est. Personne ne voit encore l’intérêt d’acheter un véhicule électrique qui coûte près de 100000 dollars. Son usage ne s’est pas encore répandu pour plusieurs raisons.

Autre le prix, facteur encore déterminant dans l’achat d’une voiture, la VE se heurte à un problème de ravitaillement… en électricité. Les espaces de rechargement sont encore peu nombreux : les lieux résidentiels sont mal équipés, les parcs en ville se développent lentement, etc.

Constatant un taux de pénétration du marché assez faible, l’avenir de Tesla ne passera pas uniquement par la vente de voiture mais aussi par celle de bornes de rechargement (personnelles et publiques). Imaginez n’importe quel grand acteur traditionnel du secteur automobile proposant ses voitures avec les stations d’essence… et vous aurez une très bonne image ce que Tesla veut faire à l’avenir. Là est la véritable rupture.

L’arrivée de Tesla sur le marché bouscule donc les conventions séculaires de l’industrie automobile. L’entreprise n’a pas seulement introduit une nouvelle technologie mais une nouvelle façon de concevoir l’architecture de la voiture et un nouveau modèle économique, en ouvrant ses brevets.

Certains lobbies américains voient plutôt d’un mauvais œil cette intrusion, puisque la marque américaine a du faire face à une très sérieuse levée de boucliers. Certains états ont interdit à Tesla de vendre directement ses voitures aux consommateurs sur leurs territoires car la compagnie ne joue pas le jeu traditionnel de la vente par les concessionnaires ; d’autres états lui ont imposé des restrictions de vente par an… Ceci ne vous rappelle rien ?

Même au pays de l’oncle Sam, la libre-concurrence n’est pas totale dès lors que les intérêts de certains puissants lobbies sont remis en cause. En jouant dorénavant la carte de l’ouverture, Elon Musk remet ce compteur à zéro, en impulsant à un secteur en perte d’identité de nouvelles valeurs, celles qui animent depuis des décennies le logiciel libre.

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