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Les TIC, chefs d’orchestre de la ville durable ?

Temps de lecture : 5 minute(s)

En 2050, deux personnes sur trois vivront en ville selon l’ONU. A la fois énergivores et principales sources de CO2, ces espaces de vie vont voir leur densité s’accroître. La technologie saura-t-elle les rendre plus humaines ?

Une gestion urbaine de plus en plus complexe

Les villes accueillent déjà 50% de la population mondiale alors qu’elles n’occupent que 2% de la surface du globe. Cette densification continue de s’intensifier. Avec pour conséquence toujours plus d’infrastructures, de logements, d’énergie, de trafic, de pollution et de déchets dans un contexte de raréfaction des ressources, des espaces et des financements. Une équation particulièrement complexe à résoudre pour les villes de demain. Elle interroge en profondeur leur modèle actuel, avec pour toile de fond la nécessité de préserver l’environnement et le lien social.

La ville intelligente, lieu du bon vivre en ville et ensemble

Comment une ville peut-elle être attractive, efficiente et humaine dans ce contexte de densification urbaine ? Depuis le début du siècle, un concept émerge. Celui de la ville intelligente. Cette smart city intègre les TIC pour garantir une gestion optimale de son offre et améliorer la qualité de vie des citadins. Régulation dynamique des réseaux d’énergie, d’eau ou de transport grâce aux smart grids, éclairage et signalétique intelligents ou encore services d’information en temps réel ou à forte valeur d’usage, la notion de ville intelligente regroupe un ensemble d’applications liées au data mining. Elle met ainsi en place des réseaux et services connectés et communicants pour optimiser le fonctionnement de ses infrastructures et favoriser un développement économique, social et environnemental harmonieux. Au-delà d’une simple plateforme interconnectée capable de gérer la ville de manière efficiente, l’analyse et le traitement des données collectées permettent d’inventer une ville qui s’adapte à la demande en temps réel pour améliorer le bien-être des citadins. La technologie n’est donc pas une fin en soi, mais bien un outil au service de la ville et de ses usagers.

Des villes construites de toute pièce

Sur ce modèle de ville intelligente, de nouvelles cités écologiques et hyperconnectées sortent de terre en Asie ou aux Emirats Arabes Unis. Songdo en Corée du Sud est l’une des villes les plus écologiques et connectées au monde. Construite sur 53 km2 gagnés sur la Mer Jaune, 75% de ses matériaux de construction sont recyclés. Elle optimise l’utilisation des ressources naturelles tout en réduisant ses émissions polluantes. Chaque toit est équipé de panneaux solaires et l’eau de pluie filtrée irrigue les nombreux espaces verts. Les déchets domestiques sont collectés par un aspirateur central connecté à chaque logement et sont dirigés vers une usine à combustion qui produit de la chaleur pour chauffer l’eau et l’air des habitations. La domotique tient également une très grande place : les logements sont équipés d’écrans muraux qui permettent de contrôler la consommation de gaz et d’électricité, d’accéder à des services de télémédecine (surveillance de la santé), ou encore de coaching sportif et linguistique en visioconférence.

Masdar, la ville 100% écologique et intelligente

A Masdar près de Abu Dhabi aux Emirats Arabes Unis, autre défi : construire une ville de 5 km2 pouvant accueillir 40 000 habitants, avec une empreinte écologique nulle. 0 carbone et 0 déchets sur une terre désertique, ou comment s’affranchir des énergies fossiles et de la chaleur au pays de l’or noir. Ici, pas de voitures mais de petits véhicules écologiques sans conducteur. L’électricité est fournie par le soleil, les bâtiments construits de manière à préserver l’ombre et l’air ambiant est rafraichi par une immense tour creuse qui aspire les courants aériens plus frais et les redirige au sol.

Un enjeu capital pour toutes les municipalités

Bien évidemment, il est plus aisé de construire une cité intelligente que d’aménager l’existant. Pourtant, les villes moyennes, tout comme les mégalopoles, vont elles aussi être confrontées à l’augmentation de leur population. L’enjeu, mettre en place un programme d’urbanisation capable d’améliorer la qualité des infrastructures et services publics existants ou à créer pour répondre à l’attente réelle des citoyens. Au-delà d’une simple plateforme interconnectée capable de gérer la ville de manière efficiente, l’analyse et le traitement des données collectées permettent d’inventer une ville qui s’adapte à la demande en temps réel pour améliorer le bien-être des citadins. La technologie n’est donc pas une fin en soi, mais bien un outil au service de la ville et de ses usagers.

En matière de ville intelligente, les initiatives européennes ne manquent pas, portées conjointement par les collectivités et les entreprises innovantes. Pour les encourager, l’Union européenne a lancé l’initiative European Innovation Partnership on Smart Cities and Communities (Partenariat d’innovation européen pour des villes et communautés intelligentes), qui a pour but d’aider les villes à mieux utiliser leurs ressources tout en réduisant leurs nuisances. Santander en Espagne est devenue ainsi une ville test en matière de gestion informatisée. Près de 20 000 capteurs et objets communicants fixes ou mobiles collectent les données de la ville. Analysées, elles permettent notamment de réguler la gestion de l’énergie et de l’eau.

En France, Lyon fait figure de ville pilote en matière de smart grids. Ses réseaux intelligents permettent une gestion dynamique de l’énergie et des bâtiments connectés. Issy-les-Moulineaux expérimente depuis 2011 la gestion en temps réel de la consommation d’énergie d’un quartier qui compte 2 000 logements, 5 000 habitants et 10 000 employés. Nantes a été élue capitale verte européenne 2013 par la Commission Européenne pour son engagement en faveur du climat et de la gestion de l’énergie et a notamment mené de nombreuses actions visant à optimiser les déplacements urbains : renouveau du tramway, voitures partagées et location de vélos. Quant à Paris, la ville a publié fin juin 2015 son plan stratégique « Paris intelligente et durable » pour favoriser la transition énergétique, développer la mobilité durable et accompagner l’évolution des modes de vie. Différents projets sont à l’étude, dont l’utilisation des réseaux intelligents pour améliorer l’efficacité énergétique.

Une ville vivante, participative et créative

Pour créer une ville intelligente, il ne s’agit pas de copier les bonnes pratiques mais bien d’inventer sa propre ville en prenant en compte sa personnalité et son histoire, ses habitudes, son bon vouloir et ses réticences. Les solutions technologiques doivent être pensées et déployées en fonction de ce capital humain pour rendre des services réellement utiles. Car l’intelligence de la ville ne se révèlera qu’au travers de son usage. Son humanité, qu’au travers de sa capacité à rendre ses habitants acteurs à part entière.

L’approche se doit donc d’être systémique, envisageant la ville comme un organisme vivant composé de réseaux et de flux, de besoins et d’attentes dont les projets d’aménagement et l’interopérabilité entre réseaux et services contribueront à la qualité de vie. Une vision globale qui place le citadin au cœur de cet organisme pour garantir la cohérence de l’ensemble des moyens mis en œuvre et favoriser leur appropriation. L’aménagement de la ville doit ainsi s’accompagner de la création d’outils innovants au service des habitants : sites web d’information, tags NFC, signalétique pratique en temps réel, télépaiement, et même réseaux sociaux pour mieux vivre la ville par exemple. Des services que les acteurs publics ou privés proposent déjà, notamment pour permettre de mieux se déplacer ou consommer, ou que les citadins développent au travers de plateformes d’échanges de bons plans par exemple.

Ainsi, la ville intelligente propose aux citadins de se réapproprier l’espace public pour créer leur environnement et tisser des liens sociaux solides. La municipalité doit s’attacher à sortir d’une logique verticale et en silo pour décloisonner ses services et favoriser les initiatives privées et citoyennes. L’une des clés, imaginer un nouveau partage des rôles et des responsabilités en donnant accès aux données de la cité. Forts de ce capital d’information, ils pourront influer sur leur environnement et créer de nouvelles synergies. Avec pour résultat un sentiment d’appartenance et une véritable implication vis-à-vis du bien commun, à partager durablement.

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